Former l'équipe
Depuis le 2 février 2025, l'école prend des mesures pour développer la maîtrise de l'IA de son personnel. Depuis juillet 2026, c'est une obligation de moyens.
Un modèle prêt à adapter, à jour du Digital Omnibus de juillet 2026. Il fixe les règles pour l'équipe, les élèves et les parents, et vous aide à montrer que votre école forme son personnel, comme le demande l'article 4 de l'AI Act.
Depuis le 2 février 2025, l'école prend des mesures pour développer la maîtrise de l'IA de son personnel. Depuis juillet 2026, c'est une obligation de moyens.
La reconnaissance des émotions des élèves, la manipulation ou la notation sociale sont interdites depuis le 2 février 2025.
Depuis le 2 août 2026, les contenus truqués (deepfakes) diffusés doivent être signalés comme générés par IA.
Les IA qui évaluent, orientent ou admettent des élèves seront soumises à des règles renforcées dès le 2 décembre 2027.
Ce modèle donne à une école fondamentale une charte d’usage de l’IA prête à adapter en une heure. Il s’adresse à la direction, qui la porte devant l’équipe, le conseil de participation et le pouvoir organisateur.
Ce document est un modèle d’aide à la décision. Il ne remplace pas l’avis du délégué à la protection des données (DPO) de votre pouvoir organisateur.
La présente charte fixe les règles d’usage des outils d’intelligence artificielle à [Nom de l’école], [implantation(s)], à partir du [date d’entrée en vigueur].
Elle s’applique à :
Elle couvre tout outil qui génère du texte, des images, du son ou des décisions à partir de données : assistants conversationnels (ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot…), fonctions IA intégrées aux logiciels scolaires, applications éducatives adaptatives et traducteurs automatiques.
Elle vaut pour les usages sur le matériel de l’école et pour les usages privés qui portent sur des données de l’école.
L’école qui utilise des outils d’IA est un « déployeur » au sens du règlement européen sur l’IA. Elle doit dès aujourd’hui former son personnel, respecter les pratiques interdites et protéger les données selon le RGPD.
| Texte | Ce qu’il impose à l’école | Depuis |
|---|---|---|
| Règlement (UE) 2024/1689 sur l’IA, art. 4 | Prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA du personnel (section 11) | 2 février 2025, réécrit le 27 juillet 2026 |
| Même règlement, art. 5 | Ne jamais utiliser une pratique interdite, dont la reconnaissance des émotions à l’école (section 10) | 2 février 2025 |
| Même règlement, art. 50 | Signaler les contenus truqués (deepfakes) et les textes générés publiés pour informer le public sans relecture humaine (section 12) | 2 août 2026 |
| Même règlement, annexe III point 3 et art. 26 | Règles renforcées pour les systèmes d’IA qui évaluent, orientent ou admettent les élèves (section 10) | 2 décembre 2027 |
| Règlement (UE) 2026/1744, dit « Digital Omnibus » | Modifie le règlement IA : assouplit l’art. 4, reporte le haut risque, ajoute deux interdictions | 27 juillet 2026 |
| RGPD (règlement (UE) 2016/679) et loi belge du 30 juillet 2018 | Base légale, minimisation, information des parents, sécurité ; consentement numérique à 13 ans | 25 mai 2018 |
| Circulaire FWB 9618 du 7 novembre 2025 | Demande aux écoles pilotes une charte des usages fondée sur le cadre FWB « Intelligence artificielle et enseignement : principes d’application » | 7 novembre 2025 |
Le Digital Omnibus a été publié au Journal officiel le 24 juillet 2026 (Conseil de l’UE). Il n’a pas supprimé l’obligation de formation : il l’a transformée en obligation de moyens.
La charte s’appuie aussi sur la brochure de l’Autorité de protection des données « Les systèmes d’IA et le RGPD ».
Question ouverte : la loi belge qui désigne les autorités de contrôle de l’AI Act n’était pas encore adoptée à la date de ce modèle.
Ces termes reprennent le vocabulaire du règlement européen sur l’IA, en langage courant.
| Terme | Sens dans cette charte |
|---|---|
| Système d’IA | Logiciel qui, à partir des données qu’il reçoit, produit des contenus, des prédictions, des recommandations ou des décisions. |
| IA générative | IA qui rédige des textes, crée des images ou du son à partir d’une consigne (le « prompt »). |
| Fournisseur | Entreprise qui développe l’outil et le met sur le marché (OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft, un éditeur scolaire…). |
| Déployeur | Organisation qui utilise l’outil sous sa responsabilité. Ici : l’école et son pouvoir organisateur. |
| Donnée à caractère personnel | Toute information qui permet d’identifier une personne, directement ou par recoupement : nom, photo, voix, numéro de registre national, résultats, comportement. |
| Donnée sensible | Santé, handicap, troubles d’apprentissage, situation familiale ou sociale, origine, convictions religieuses. |
| Outil validé | Outil inscrit dans la liste de la section 5, après vérification par la direction. |
L’IA est un outil au service des apprentissages et du travail de l’équipe. Elle ne remplace jamais le jugement d’un adulte.
Seuls les outils de la liste ci-dessous peuvent recevoir des données de l’école. Tout autre outil s’utilise sans aucune donnée d’élève ou de collègue.
| Outil | Usages autorisés | Données permises | Type de compte | Validé le |
|---|---|---|---|---|
| [Ex. : Copilot avec compte Microsoft 365 de l’école] | Préparation de cours, rédaction administrative | Prénoms seulement, aucune donnée sensible | Compte professionnel de l’école | [date] |
| [Ex. : assistant conversationnel grand public] | Idées, reformulation, exercices génériques | Aucune donnée personnelle | Compte personnel de l’enseignant | [date] |
| [Ex. : application éducative adaptative] | Exercices en classe | Pseudonyme de l’élève | Compte classe géré par l’enseignant | [date] |
Pour faire ajouter un outil à la liste :
Une donnée saisie dans un outil d’IA peut être stockée, relue par le fournisseur ou servir à entraîner ses modèles. Dans le doute, on ne la saisit pas.
Jamais, dans aucun outil d’IA :
Possible, dans un outil validé et avec prudence :
Le réflexe avant chaque saisie : remplacer le nom par « élève A », retirer les détails qui permettent de reconnaître l’enfant, et se demander si les parents accepteraient de lire ce qu’on vient de taper.
Une fuite ou une saisie par erreur se signale le jour même à la direction (section 13).
L’IA peut faire gagner du temps de préparation, à condition que l’enseignant reste l’auteur de ce qu’il donne aux élèves.
| Niveau | Exemples |
|---|---|
| Autorisé | Préparer une séquence ou des idées d’activités ; créer des exercices différenciés ; reformuler une consigne en français facile ; traduire un mot aux parents allophones sans donnée personnelle ; produire des illustrations pour la classe. |
| À encadrer | Proposer une première grille de correction, que l’enseignant ajuste ; aider à rédiger une appréciation de bulletin à partir de notes anonymisées, puis la réécrire ; utiliser une application adaptative en classe, avec un outil validé. |
| Interdit | Faire attribuer une note ou une décision de réussite par une IA ; analyser les émotions ou l’attention des élèves ; saisir des données de la section 6 ; publier un contenu généré sans l’avoir relu et vérifié. |
Tout contenu produit par une IA est vérifié sur le fond (exactitude, conformité aux référentiels du tronc commun) et sur la forme (stéréotypes, niveau de langue) avant d’être donné aux élèves.
Aucun élève de l’école fondamentale n’utilise seul un assistant conversationnel grand public. La plupart de ces outils fixent dans leurs conditions un âge minimum de 13 ans ou plus.
| Âge | Ce qui est possible | Ce qui ne l’est pas |
|---|---|---|
| Maternelle | Observer l’enseignant utiliser un outil, par exemple pour créer une image d’histoire, et en parler. | Toute manipulation par l’enfant. |
| P1 à P4 | Activités collectives menées par l’enseignant au tableau ; applications éducatives validées, sans compte nominatif. | Compte personnel ; saisie libre de texte dans un assistant. |
| P5 et P6 | Ateliers guidés d’éducation à l’IA : comparer une réponse de l’IA à une source fiable, repérer une erreur ou un stéréotype, reconnaître une image générée. | Compte personnel sur un outil grand public ; travail noté réalisé par l’IA. |
Les élèves de P5-P6 apprennent trois réflexes : l’IA peut se tromper, on ne lui confie pas d’informations sur soi ou sur les autres, et on dit quand on l’a utilisée.
Un travail à domicile n’exige jamais l’usage d’une IA. Un devoir réalisé par une IA à la place de l’élève donne lieu à un dialogue pédagogique, pas à une sanction automatique.
La direction peut utiliser l’IA pour alléger le travail administratif, sous les mêmes règles de données que l’équipe.
Usages autorisés :
Usages interdits :
Un courrier officiel reste signé et assumé par la direction, qu’il ait été préparé ou non avec une IA.
Certaines utilisations de l’IA sont interdites dans toute l’Union européenne depuis le 2 février 2025. Elles le sont donc à [Nom de l’école], quel que soit l’outil.
Interdit à l’école (art. 5 du règlement IA) :
À haut risque (annexe III, point 3), règles renforcées dès le 2 décembre 2027 : les systèmes d’IA qui décident de l’admission d’un élève, évaluent ses acquis, l’orientent vers un niveau d’enseignement ou surveillent les tricheries pendant une épreuve.
L’école n’utilise pas de tels systèmes sans décision du pouvoir organisateur. S’il en adopte un, il devra notamment : suivre la notice du fournisseur, confier le contrôle à une personne formée, conserver les journaux au moins 6 mois et informer les familles concernées (art. 26). Une analyse d’impact sur les droits fondamentaux (art. 27) pourrait aussi s’imposer à une école qui assure un service public : à vérifier avec le DPO.
Sources : lignes directrices de la Commission sur les pratiques interdites, texte de compromis du Conseil.
L’école doit prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA de son personnel (art. 4). Depuis le 27 juillet 2026, c’est une obligation de moyens : l’école n’a pas à garantir un niveau précis, mais doit pouvoir montrer ce qu’elle a mis en place.
Les mesures tiennent compte des connaissances de chacun, du contexte d’usage et du fait que l’IA touche des enfants (KI-Campus, FAQ de la Commission).
Plan de formation de [Nom de l’école] :
La formation peut s’inscrire dans les journées de formation obligatoires (IFPC, réseau, école) ou dans les concertations.
Les parents savent quels outils d’IA l’école utilise, pour quoi faire, et avec quelles données.
En classe, l’enseignant dit aux élèves quand un support a été préparé avec une IA, si cela peut changer leur lecture du document.
Un référent IA, désigné par la direction, fait vivre la charte : [Nom, fonction].
Son rôle : tenir à jour la liste des outils validés, répondre aux questions de l’équipe, relayer les besoins de formation et recueillir les incidents.
En cas d’incident (donnée d’élève saisie par erreur, contenu choquant généré, compte piraté, décision prise sur la base d’une réponse erronée) :
Révision. La charte est relue chaque année en septembre, et plus tôt si la réglementation ou les outils changent. Prochaine révision : [date].
Approbation
| Instance | Nom | Date | Signature |
|---|---|---|---|
| Direction | [Nom] | [date] | |
| Conseil de participation | [Nom du président] | [date] | |
| Pouvoir organisateur | [Nom] | [date] |
Chaque membre du personnel atteste avoir pris connaissance de la charte : [lien vers le formulaire ou liste d’émargement en annexe].
Modèle proposé gratuitement par Chouett’IA — chouettia.be — contact@chouettia.be. Libre de réutilisation et d’adaptation par toute école.
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